A l’occasion d’un entretien pour Le Parisien, Anne Roumanoff est revenue sur ses débuts et sur l’aide précieuse d’une humoriste bien connue.

Anne Roumanoff célèbre ses 35 ans de carrière. A cette occasion, l’humoriste s’est laissée aller à quelques confidences pour Le Parisien au sujet de ses débuts dans l’humour. Et une chose est sûre, tout ne s’est pas passé comme elle l’imaginait : « Les premières années, j’étais un peu dans un état de sidération par rapport à ce qui m’arrivait parce que j’avais vécu tellement d’échecs avant, entre 17 et 22 ans. Les castings, les concours d’entrée dans les écoles… On ne voulait de moi nulle part. Même avant, d’ailleurs. À 12 ans, je n’avais pas été prise pour la série Papa poule : j’en avais pleuré », confie-t-elle.

Anne Roumanoff se confie alors sur ses échecs : « Pareil avec l’école de la rue Blanche, j’ai raté le concours trois fois. Au cours Florent, où j’étais l’une des plus jeunes avec Noémie Lvovsky et Agnès Jaoui, je n’ai pas été prise non plus dans la classe libre. Éliminée dès le premier tour, l’humiliation totale. Chaque fois, ma vie s’arrêtait, je pleurais des jours entiers. Ça montre l’envie qui m’animait : quelqu’un de normal aurait arrêté ». Des échecs qui lui ont donc permis d’avancer. Et pour cause, elle va intégrer une émission phare de l’époque, La Classe de Fabrice : « En avril 1987, tout le monde me parle de cette audition. C’est à la mairie du XIIIe, il y avait les Vamps, on me coupe très vite pendant mon passage. J’avais l’habitude. Quand je sors de la pièce, Guy Lux (producteur de l’émission) tourne la tête et me dévisage. Le soir, on m’appelle : je suis prise. Je croyais que c’était une erreur. J’avais tellement l’habitude de me faire jeter… »

Cette humoriste qui a cru en elle

Et pourtant, c’est là-bas qu’elle va faire la rencontre d’une célèbre humoriste qui va changer sa vie. « Il y avait beaucoup de mecs qui avaient roulé leur bosse, dans les cabarets, chez Bouvard, et qui me voyaient arriver en se demandant : ‘C’est quoi ce truc en rouge, un peu nunuche ?’ Je n’avais absolument pas les codes du show-business, les faux sourires, les jalousies… Chantal Ladesou a été très gentille avec moi, très protectrice. Pour moi, c’était un saut dans le vide. Et en même temps, j’étais tellement contente de pouvoir m’exprimer quelque part. J’ai démarré avec le personnage de Bernadette, fille nunuche du Midi. Beaucoup ont cru que c’était moi… »

Anne-Roumanoff a-t-elle toujours porté du rouge ?

Lors de cet entretien, Anne Roumanoff revient aussi sur sa tenue vestimentaire, elle qui porte tout le temps du rouge. « Pour ma première télé, j’avais acheté un truc chez Kookaï, rayé rouge et blanc. Après, j’ai eu comme une superstition : j’avais peur que le succès s’arrête si je l’enlevais. Ce rouge, c’est devenu ma marque de fabrique. C’est une couleur dans laquelle je me sens bien. Les télés que je faisais en noir avaient moins d’impact. » Petit à petit, le succès a été au rendez-vous. « Les gens du métier constataient que ça fonctionnait… Mais ne comprenaient pas pourquoi. Comme moi (rires). J’étais comme un objet non identifié. Moins populaire que Muriel Robin, qui a ouvert des portes, a changé les mentalités, en montrant qu’une femme pouvait être numéro 1. Et moins hype que Valérie Lemercier. J’étais dans une espèce d’entre-deux. »