Maïa Mazaurette adore pouvoir nous faire cogiter sur ce que l’on ne questionne peu ou plus. La question de son avortement d’un q’une fenêtre sur d’autres enjeux.

Maïa Mazaurette est l’une des chroniqueuses de Quotidien, l’émission de Yann Barthès diffusée sur TMC. Elle est spécialisée sur les questions des rapports très personnels entre les hommes et les femmes, les femmes et les femmes ou encore les hommes et les hommes. Avant de se retrouver chez Quotidien, Maïa Mazaurette tenait une rubrique dans Le Monde, sur ces mêmes questions. Et en parallèle, nous pouvons la retrouver sur France Inter. Et plus précisément encore, dans une série de podcasts qui relate son expérience du décès de son fiancé, en 2014. nous ne saurait que trop vous conseiller d’écouter cette série. Maïa Mazarette est une experte sur la question du corps dans la société, jusque dans la mort.

Maïa Mazaurette, une auteure, une peintre, une chroniqueuse, une femme engagée qui sait manier les mots

La spécialiste sait parler des corps et de leurs places dans la société comme personne. Et elle ne se contente pas que d’analyser ce qui peut se passer dans la société, elle sait également parler du sien et de ceux qu’elle aime. Dans la série de podcast dont nous va vous parler aujourd’hui, Maïa Mazaurette perdait son fiancé. Son cœur s’est arrêté de battre le 23 juin 2014. Et c’est la première fois qu’elle décide de dédier une œuvre à son deuil. Mais comme elle le dit si bien elle-même, ce n’est pas une histoire triste. La légèreté et la fluidité de l’écriture de Maïa Mazaurette lui permet de nous accompagner à aborder des questions lourdes, difficiles ou même tabous. Et son sens de l’humour n’est pas de trop quelques soient les sujets pour que ses auditeurs puissent prendre du recul.

Si dans cette vidéo, elle est prise d’un fou rire alors que Nagui tente de garder son sérieux au maximum, ce n’est tout de même pas le même ton que l’on retrouve dans son podcast. En effet, parler de la mort la conduit tout de même à ne pas s’esclaffer. Si elle parvient néanmoins à nous faire sourire, c’est déjà un exercice de haute voltige. Mais ce qui a interpellé nous dans cette série de podcast, intitulée Traverse, c’est que dans le deuxième des sept épisodes, Maïa Mazaurette évoque son avortement.

En effet, une année environ avant la mort de son fiancé, elle tombe enceinte. Mais si elle sait que son compagnon souhaite devenir père, ce n’est pas son souhait que de devenir mère. Elle n’a pas d’enfants et ne souhaite pas en avoir. Et c’est bien une position radicale qui reste largement choquante pour le public, même dans la société actuelle.

La vie, la mort, les choix

Ce qui est déchirant, bien que Maïa Mazaurette insiste que son histoire n’est pas une histoire triste, c’est qu’il y aurait pu, quelque part, lui rester une partie de son fiancé défunt. Un héritage en chair et en os. Cependant, comme elle le précise aussi dans ce deuxième épisode, il lui est revenu à l’esprit cet avortement en tête comme un soulagement pendant son deuil. Car si elle s’était laissé convaincre par son fiancé, elle serait devenue une mère célibataire.

Or, comme elle n’était pas décidée à devenir mère, c’était encore plus délicat à envisager l’être seule. Aussi, elle va ensuite faire un parallèle déroutant mais très interessant sur son rapport « maternel » au corps sans vie de son amoureux. Prendre soin de cette homme après que la vie l’ait quitté, c’était prendre soin d’une personne plus vulnérable que tout ce qu’elle avait pu imaginer.

Une analyse fine et percutante

En ce sens, elle estime donc que c’est ce qui se reprochera pour elle de sa plus proche expérience avec la maternité. De même, quand son autre vie commence puisque celle qu’elle partageait avec son fiancé n’est plus, elle reconnaît alors à son fiancé défunt une paternité sur elle. nous admet que c’est constat étrange et déstabilisant. Mais il n’en reste pas moins vrai et très pertinent. Maïa Mazaurette est une femme intelligente qui repousse ses limites pour écrire. Bien qu’il lui arrive dans douter, elle fait partie de celles qui sont de véritables aventurières.

Elle a vécu sa jeunesse en France mais ensuite, elle s’est expatriée cinq ans en Allemagne. Puis ce sont trois au Danemark qui suivent. C’est là-bas qu’elle rencontrait son fiancé. Mais une fois qu’il est décédé, elle perdait ce pays et devait partir loin pour en retrouver un. Elle part alors en Mongolie avant de s’installer pendant quelques années à Brooklyn. En 2020, après ces six années à New York, Maïa Mazaurette revient en France avec celui qui est aujourd’hui son mari. Elle ne le rencontrait que deux mois après avoir incinéré son fiancé. Mais avant de juger, écoutez son podcast.