De nouvelles études révèlent que les gouttes de pluie renferment des substances cancérigènes.

Aujourd’hui, l’eau de pluie ne peut-être bue, et ce, partout dans le monde. Cela signifie que même dans les régions peu peuplées, les humains ne peuvent la consommer. En effet, notre atmosphère est polluée par des produits chimiques à un niveau si élevé que ces substances finissent par se retrouver dans l’eau qui tombe du ciel.

Des substances chimiques présentes en grandes quantités dans les gouttes de pluie
Les récentes études menées révèlent qu’au cours des dernières années, des substances polyfluoroalkylées et perfluoroalkylées se sont répandues par les cours d’eau, les sols et les océans. Ces produits chimiques, dits éternels, se sont alors retrouvés dans l’eau de pluie.

Aujourd’hui, les scientifiques pensent que certains de ces produits toxiques sont responsables de certaines maladies graves. Parmi elles : les cancers. Ils évoquent également un lien entre ces substances cancérigènes et des complications de grossesse, des problèmes d’infertilité, de l’hypercholestérolémie, des déficits immunitaires et des difficultés d’apprentissage et de comportement chez les enfants.

Une récente étude dirigée par des chercheurs de l’université de Stockholm en collaboration avec l’École polytechnique fédérale de Zurich a été publiée, début août, dans la revue scientifique « Environmental Science & Technology ». Elle révèle que les quantités de substances toxiques dans les gouttes de pluie sont bien supérieures aux valeurs officielles actuelles.

« Au cours des vingt dernières années, il y a eu une baisse étonnante des valeurs indicatives des PFAS dans l’eau potable. Par exemple, la valeur indicative de l’acide perfluorooctanoïque a chuté de 37,5 millions de fois aux États-Unis. » a indiqué Ian Cousins, auteur principal de l’étude. Mais ces informations sont en contradiction avec les dernières analyses. Celles-ci attestent que l’eau de pluie affiche une concentration de substances chimiques bien trop élevée. Ainsi, l’eau tombée du ciel reste impropre à la consommation.

Une eau de pluie qui reste impropre à la consommation

Pour mener leurs recherches, l’équipe de scientifiques suédois a réalisé des travaux en laboratoire et sur le terrain. Ainsi, ils ont pu constater que la quantité de substances chimiques cancérigènes dans l’eau de pluie n’avait pas significativement diminué. Même si les industries tendent à retirer ces substances de la composition de leurs produits, l’eau de pluie reste imbuvable. « Ce n’est pas étonnant, ils sont connus pour être très persistants. » a expliqué Ian Cousins en évoquant les fameux produits chimiques éternels.

Cette étude a également mis en évidence le fait que les substances en question se transmettent de l’eau de mer vers l’air via les embruns. C’est ainsi qu’elles inondent l’atmosphère et intègrent le fameux cycle de l’eau. De plus, ces PFAS (substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées) seraient plus dangereuses que nous le pensions.

Un autre membre de l’équipe de recherche, Martin Scheringer, se montre pessimiste. Constatant que la présence de produits chimiques persiste dans l’atmosphère, il estime que la santé humaine court un grand danger. « Il faut définir à l’échelle mondiale une limite de concentration des PFAS. Mais, comme nous le concluons dans l’étude, cette limite a déjà été dépassée. »

L’heure est donc à la réflexion pour trouver des solutions…