A tout juste 24 ans, l’ancienne demi-finaliste de la dixième saison de Top Chef, en dévoile davantage sur son histoire personnelle. Après avoir monté son restaurant au sortir de l’émission, la jeune cheffe a choisi de partager le drame de sa vie avec son équipe, en vue de sensibiliser aux violences sexuelles.

Elle était l’une des plus jeunes candidates à atteindre un tel niveau dans la compétition, Alexia Duchêne s’était fait connaitre par son passage très remarqué dans la saison 10 de Top Chef.
Un visage presque encore enfantin, un talent culinaire comparable à celui d’une enfant précoce, mais derrière le personnage tant apprécié de la jeune fille, Alexia Duchêne cachait jusque là un lourd secret.

Si la libération de la parole a pu permettre d’évoquer ces dernières années des agressions sexuelles dans le monde du cinéma, de la politique, ou du sport, peu encore évoquent les prédateurs sexuels dans le milieu de la cuisine. Pourtant, Alexia Duchêne confesse aujourd’hui avoir été victime d’agressions sexuelles traumatisantes.

Violée à 15 ans par trois hommes

En 2019, déjà, Alexia Duchêne se confiant à Melty : « J’ai vécu des trucs pas hyper cool dans les cuisines. Dans les cuisines de restos étoilés, les mecs qui te mettent la main au cul, qui te parlent mal… J’ai reçu des textos quand j’avais 15 ans, à 2h du mat, de mecs qui me disaient “Viens chez moi ce soir” et tout… »

Une ambiance pesante, et du harcèlement, qui vont rapidement dégénérer. Ce lundi 17 août, la jeune cheffe revient sur le sujet auprès du site Atabula, et révèle avoir vécu bien pire : un viol, à l’âge de 15 ans, par trois hommes de 25 ans. Un souvenir insupportable, pour celle qui a préféré évoquer son histoire à son équipe, lors de l’ouverture de son premier restaurant, le Datsha Underground, à Paris.

Un récit pour sensibiliser sur les agressions sexuelles

Une manière de se dévoiler, qu’Alexia Duchêne espère utile. A ses yeux, son témoignage doit avant tout servir à faire passer un message de sensibilisation : « C’est pas évident, c’est même très dur, mais ils ne se rendent pas compte que ça peut partir d’un rien, et arriver à tout le monde, explique t’elle au site d’information culinaire. Lorsque j’ai revu les mecs au procès, ils avaient du remords, ils ont dit qu’ils ne se rendaient pas compte… Mais les hommes n’ont tellement pas l’habitude d’avoir des représailles. »

Pourtant, la dénonciation de tels actes reste primordiale pour la jeune femme : « Il faut en parler car, un jour, ces grands chefs tomberont. On ne voudra plus aller chez eux, parce qu’ils se comportent comme des merdes, et c’est à ce moment là qu’on aura vraiment gagné. »

Un discours assuré qu’Alexia Duchêne dit avoir tenu face à son équipe, exclusivement composée d’hommes. « Je leur ai dit que je voulais du respect envers tout le monde, que je refusais d’entendre des blagues sur qui que ce soit au restaurant ou en ma présence», assure t’elle dans les colonnes d’Atabula.

Un savoir vivre en cuisine à repenser, et à imposer rapidement

Pour Alexia Duchêne, la question du sexisme dans le monde de la cuisine doit être ouvertement évoquée, afin d’assainir les conditions de travail des femmes de cette industrie. Si le nom d’un chef parisien soupçonné d’avoir agressé sexuellement plusieurs collaboratrices devrait rapidement être rendu publique dans la presse, un appel au boycott a d’ores et déjà été lancé, initiative à laquelle Alexia Duchêne a montré son appui.

Objectif : provoquer une prise de conscience à grande échelle, et inciter au lancement de plusieurs enquêtes sur certains chefs. Selon Alexia Duchêne, plus question de perdre des collègues talentueuses en raison du climat sexiste en cuisine : « Même sans attouchement ou quoi que ce soit, entendre des blagues lourdes tous les jours, à force, ça ne donne plus envie d’aller bosser » affirme t’elle pour défendre ses amies ayant choisi de quitter le métier.