L’ONG Générations futures a procédé à des études de végétaux non-bios vendus en France et les résultats ne sont pas bons.

Des néonicotinoïdes ont été détectés dans 10 % des végétaux vendus en France et destinés à la consommation humaine. Et c’est très grave. En effet, cela signifie que ces fruits et légumes qui sont consommés couramment contiennent des résidus toxiques. On rappellera pour mémoire que les nicotinoïdes sont des insecticides et qu’on les a surnommé « les tueurs d’abeilles ». De plus, ces produits sont soupçonnés d’être des perturbateurs endocriniens. De ce fait, une vigilance devrait s’imposer. En fait non, de façon stupéfiante, une loi est actuellement en préparation afin d’autoriser certaines filières agricoles à utiliser à nouveau ces produits qui sont pourtant interdits en France. Or, si ces produits ont été interdits, c’était justement du fait de leur toxicité et de leur impact négatif sur l’environnement et surtout sur les abeilles.

Qu’est ce que les néonicotinoïdes

Les nicotinoïdes sont des produits basés sur la nicotine. Cette dernière est extrêmement toxique et dès le 17ème siècle, cet effet était connu. C’est en effet, Jean-Baptiste de la Quintinie avocat, agronome et jardinier du roi qui a observé les propriétés insecticides de la nicotine. Ce dernier était d’ailleurs le créateur du potager du roi à Versailles. En fait, l’utilisation de la nicotine est restée artisanale, mais c’est durant la seconde guerre que l’industrie chimique s’est mis à fabriquer des insecticides avec des déchets en poudre provenant de la fabrication de cigarettes. Dans les années 80, des industrie chimiques, comme BASF se sont mis à produire des néonicotinoïdes. Ces produits sont plus efficaces en raison de leur plus grande toxicité. De plus, la molécule de base est bien plus stable que celle de la nicotine. En fait cette nouvelle molécule est un excellent neurotoxique et elle connaît un très grand succès.

Un produit très utilisé

Ces néonicotinoïdes sont largement utilisés depuis les années 90. En effet, ce sont des insecticides qui sont utilisés tant pour les animaux que pour les cultures. Du point de vue des animaux, on trouve ce produit autant dans les colliers antipuces des chats et des chiens, que dans les élevages à plus grande échelle. Du coté de la culture, souvent les semences sont imprégnées de ce produit. Mais ces produits si efficaces, ont un énorme effet secondaire. Ils contaminent tout. En effet, dès lors que la semence est contaminée, si elle est mal enfouie, les oiseaux vont la manger et vont en mourir. Si elle est bien enfouie, ce sont les vers de terre et autres insectes du sous-sol qui vont en souffrir. Or, alors que ces produits sont interdits, le gouvernement vient de déposer un projet de loi autorisant des dérogations dans l’interdiction de ces produits pourtant aujourd’hui reconnus comme très dangereux. Bien entendu l’organisation Générations Futures appelle les députés à rejeter ce projet de loi.

Des résidus dans nos assiettes

L’ONG Générations Futures a vérifié des échantillons contrôlés par la Direction de la Consommation, de la Concurrence et des Fraudes. A la grande stupéfaction de cette organisation, il s’est avéré que 10 % des végétaux non bios dans nos assiettes comportent des résidus de cet insecticide. Sur 491 échantillons contaminés, 157 viennent de la Chine. L’Empire du Milieu est suivi par la France avec 79 contaminations, suivi par la République Dominicaine avec 48 échantillons, 44 pour l’Espagne et 26 pour le Chili. Les autres échantillons sont de provenance diverse. Pour ce que concerne la Chine, ce sont essentiellement des échantillons de thé qui sont contaminés. Pour la France, ce sont des végétaux destinés à la consommation. Le pire dans l’affaire est que plus d’un échantillon sur quatre qui est contaminé l’est par plusieurs types de néonicotinoïdes. On peut donc légitimement s’inquiéter de voir que le gouvernement français envisage d’accorder des dérogations pour ces produits, dérogations qui vont concerner la filière de la betterave sucrière.