Plus de 40 ans après la mort de Romy Schneider, le mystère plane toujours sur ce qui a emporté la star de cinéma. Retour sur les dernières heures tragiques d’une icône.

La fin d’un règne. Le 29 mai 1982, Laurent Pétin, le dernier compagnon de Romy Schneider, la retrouve morte dans son appartement du 7e arrondissement de Paris. Cet endroit, que l’actrice a investi grâce au réalisateur Tarak Ben Ammar, est selon Paris Match son 28e lieu de vie depuis la mort de son fils, un an auparavant. Une tragédie qui lui laisse le cœur brisé, au sens propre comme au figuré.

Un enchaînement de tragédies

La vie de Romy Schneider a été baignée de lumière au cinéma, mais dans le cadre privé de nombreux événements sont venus jeter un voile sombre sur un parcours qui aurait pu se poursuivre encore de nombreuses années. En 1974, la jeune femme née à Vienne en 1938 est diagnostiquée du mal du siècle – le précédent ou l’actuel, tout dépend des points de vue – la dépression. Elle tombe en dépression après le tournage de L’important c’est d’aimer, dans lequel elle joue avec Jacques Dutronc et entame une relation avec lui qui se retrouve brusquement stoppée. C’est dans les médicaments, l’alcool et la cigarette que Romy Schneider se réfugie, allant jusqu’à fumer trois paquets par jour selon certaines sources. Sa santé est encore mise à mal lorsqu’elle est victime d’une fausse couche en décembre 1975. En 1977, elle accouchera prématurément de sa fille Sarah via une césarienne.

En 1981, les choses s’enchaînent. Romy Schneider divorce du père de Sarah, Daniel Biasini, se casse le pied gauche lors d’un photoshoot et se fait hospitaliser à l’hôpital américain de Neuilly-sur-Seine pour une ablation du rein droit : une tumeur a été détectée sur son organe. Mais le pire est à venir. Le 5 juillet, son fils aîné David, qu’elle a eu avec Harry Meyen qui s’est suicidé deux ans auparavant, se tue à Saint-Germain-en-Laye chez ses grands-parents. Le jeune homme de 14 ans s’est empalé sur la grille de la maison en essayant de l’escalader. Malgré les soins apportés après son hospitalisations, David meurt le soir-même et se fait photographier par des paparazzi déguisés en infirmiers.

Une mort toujours sans réponse

Alors qu’elle avait 43 ans, Romy Schneider est retrouvée morte chez elle par Laurent Pétin le 29 mai 1982. Les premières conclusions pointent vers une mort naturelle, notamment indiquée par le mot qui est retrouvé sur le bureau de l’actrice. En effet Romy Schneider était en train d’écrire un mot d’excuse pour annuler un photoshoot et une interview, ne pouvant pas y assister à cause de sa fille Sarah qui avait attrapé la rougeole. Sur cette lettre, une longue rature qui semble indiquer que Romy Schneider s’est effondrée avant de pouvoir la terminée. Avec cet indice et pour « ne pas casser le mythe », le magistrat en charge de l’affaire décide de ne pas demander d’autopsie.

Depuis lors, le mystère plane. Romy Schneider est-elle morte d’une mort naturelle causée par ses « excès » comme le dira le journaliste Guillaume Evin en 2012 ? L’actrice s’est-elle suicidée avec des médicaments quelques mois après la mort de son fils David, ne supportant pas la douleur qui l’accompagne ? Ou est-ce son cœur brisé qui s’est simplement arrêté de battre ? Les théories sont nombreuses et peu de témoignages viennent donner des réponses. L’une des rares personnes à avoir vu Romy Schneider pendant ses dernières heures est Claude Pétin, la belle-sœur de Laurent Pétin, le compagnon de Romy l’époque. Les deux femmes avaient passé la soirée ensemble, et Claude Pétin a pris la parole pour réfuter les hypothèses de suicide et d’addiction qui ont refait surface suite à la publication d’un livre sur l’actrice. Pour elle, « Romy Schneider est morte d’un arrêt cardiaque. Le tubage effectué après sa mort a montré qu’elle n’avait pas absorbé de poison. Un commissaire de police a dressé un procès-verbal. Il a écrit : ‘Cette mort est d’origine naturelle' » a-t-elle expliqué au Parisien.

« Elle était très heureuse, aimée… »

Claude Pétin a également tenu à raconter comment s’est déroulée leur soirée. « Ce 28 mai 1982, nous avons dîné chez moi. Mon mari est allé se coucher, et le compagnon de Romy est rentré. On a encore passé une heure à parler. Elle a bu de l’eau. Elle avait arrêté de boire et avait toujours une bouteille d’eau à proximité. C’est incompréhensible. Je répète : elle ne buvait que de l’eau. Il y avait une boîte vide de Lexomil ou un médicament de ce genre dans la corbeille de la salle de bain, mais cela ne veut rien dire. Et elle était très heureuse, aimée, elle avait une petite fille magnifique…  »

Sans autopsie, impossible de connaître la cause exacte de la mort de Romy Schneider. Chacun est donc libre de croire ce qui lui convient le plus, d’espérer que l’actrice germano-française est morte heureuse et sans voir venir ce terrible sort, ou de penser qu’elle n’a simplement pas supporté la mort de son fils. Romy Schneider a été inhumée le 2 juin 1982 et son fils David, enterré à Saint-Germain-en-Laye, l’a rapidement rejointe dans son caveau. De nombreuses personnalités se sont déplacées pour lui rendre un dernier hommage mais c’est sur papier qu’Alain Delon, grand amour de sa vie, lui a dit adieu.