Le Chef de l’Etat n’arrive pas à s’extirper de la polémique “Puy du Fou”. Ses adversaires politiques continuent leurs attaques, certains parfois de la dérogation pointée du doigt dans l’affaire comme d’un “grand bras d’honneur” ainsi que le cite le quotidien Le Figaro. Retour sur le scandale culturel de l’été.

C’était le samedi 15 août. Ce jour-là, pas moins de 9 000 spectateurs se divertissaient devant un spectacle donné au Puy du Fou, malgré la limité fixée à 5 000 personnes par événement dans le cadre de la lutte contre le Covid-19. Au coeur de la polémique qui agitent les adversaires d’Emmanuel Macron : la dérogation accordée au parc de loisir tandis que l’ensemble du secteur culturel souffre depuis le début de l’épidémie.

Certains détracteurs accusent le chef de l’Etat d’avoir favorisé le parc, voire d’avoir donné un passe-droit. Il faut savoir que le Puy du Fou appartient à Philippe de Villiers, fondateur du parc et ancien candidat à la présidentielle issu de la droite identitaire et souverainiste. De son côté, le chef de l’Etat justifie cette dérogation du fait que cette décision ait été prise par le préfet de Vendée. Lui-même aurait été surpris par cette décision. Les opposants politiques de gauche dénoncent pour leur part “une grande confusion“, le “fait du prince“, et même “un grand bras d’honneur fait au monde de la culture“. Dès lors, la ministre de la Culture Roselyne Bachelot a tenu à se défendre de tout favoritisme. Elle assure que le P Président de la République n’a pas participé à cette décision. “Il n’y a aucun fait du prince“, s’est-elle justifiée, et de poursuivre, “le préfet de la Vendée a examiné les dispositions du protocole sanitaire présenté par les organisateurs et fait en lien avec l’agence régionale de santé” a-t-elle tenté d’expliquer.

Ce qui pousse les opposants à critiquer cette décision et à y voir du favoritisme, c’est l’amitié qui lie Emmanuel Macron à Philippe de Villiers. Mais très vite, Roselyne Bachelot est montée au créneau : “Imagine-t-on que je tricote en me moquant du monde artistique ? Je n’ai pas de goût pour le tricot“. Pourtant, voici ce que le partisan de la droite identitaire écrivait sur son compte Twitter suite à cette dérogation : « Merci à Emmanuel Macron de son message chaleureux. Merci d’avoir transféré le dossier du Puy du Fou au Conseil de Défense. Le Puy du fou va revivre. Le Puy du Fou vivra. » Des propos dans une effusion de joie qui peut laisser perplexe.

Emmanuel Macron

Finalement, c’est la préfecture de Vendée qui a publié un communiqué pour mettre un terme à la polémique : « Les campagnes de dépistage réalisées ces derniers jours montrent que le département connaît pour l’instant un niveau de vulnérabilité limité ». Pour appuyer son propos, la préfecture a accompagné son communiqué de chiffres officiels. Le parc de loisir se serait ainsi engagé à « diviser les spectateurs en trois flux séparés » et à « laisser 4 000 places libres afin de permettre la distanciation physique entre chaque groupe de personnes ». Une gestion du spectacle que malheureusement peu de petites salles peuvent se permettre de réaliser. La préfecture indique aussi que cette dérogation est provisoir et qu’elle devra être renouvelée si le respect des engagements est positif.

La préfecture ajoute qu’elle n’exclut pas de renouveler la dérogation « pour les spectacles du week-end du 21 et 22 août » en s’appuyant une « réévaluation de la situation sanitaire ainsi que sur le respect effectif des engagements lors de la représentation du 15 août ».

L’ancien candidat à la présidentielle issu de la droite identitaire et souverainiste peut respirer. Ce qu’il considère comme l’œuvre de sa vie, le parc d’attractions à thème du Puy du Fou, qu’il a créé il y a un peu plus de quarante ans sur ses terres de Vendée, est sauvé. Il rouvrira le 11 juin prochain.