Paul, l’un des plus grands champions des 12 coups de midi, s’est récemment confié dans une interview dans laquelle il est revenu sur son handicap. Il s’est attardé sur la manière dont son père avait appris la nouvelle de sa maladie. Car si le père du champion savait que quelque chose n’allait pas, il ne se doutait pas du tout du diagnostic final. Après avoir été traité pour diverses pathologies, les médecins avaient finalement mis le doigt sur le bon diagnostic. Paul avait été reconnu comme autiste Asperger.

Mais pour le père du champion comme pour beaucoup d’autres personnes, un autiste, c’est quelqu’un qui ne peut pas du tout communiquer. Alors que Paul bien au contraire, à lui la possibilité d’échanger avec le monde. Même il est vrai que ses relations ne sont pas facile avec les autres. Le père du jeune homme connaissait en fait très mal ce syndrome. Il en avait une image faussée et partielle. Pour lui, un autiste avait une autre manière de se comporter que son fils. Car cette maladie est en fait méconnue du grand public. Et il existe beaucoup de clichés qui sont généralement faux. Il existe différentes formes d’autisme et de nombreux symptômes. Paul est par exemple capable à certains moments de vivre de véritables périodes de crise, alors qu’à d’autres, il est plutôt calme. Sa maladie se révèle sous des aspects bien différents. Mais en général, l’autisme Asperger est défini comme un problème à reconnaître les codes sociaux. À la différence de l’autisme ” dit classique “, les ” Asperger ” n’ont pas de déficience intellectuelle ou de retard de langage.

Le grand Maître de midi de TF1 a expliqué en détail cette maladie dans son autobiographie. Ce livre, intitulé Ma 153e victoire, est sorti le 2 septembre dernier. Paul El Kharrat de son vrai nom, revient sur son histoire dans Les Douze coups de midi. Il est vrai que son parcours avait été marquant. Le jeune étudiant avait finalement gagné 691 522 euros. Il était devenu le troisième plus grand champion de l’histoire du jeu. Il explique également toutes les difficultés qu’il a rencontrées au cours de son parcours dans l’émission, présentée par Jean-Luc Reichmann. Cette expérience était pour lui un événement “ fait de lumière, de bruit avec des regards braqués “. Il explique également que son syndrome d’Asperger lui donne certaines capacités ” j’ai une excellente mémoire et une bonne analyse de ce qui m’entoure “.

Paul

Dans le long entretien qu’il a accordé au magazine Pure People, Paul est aussi revenu sur le diagnostic de sa maladie. “ À chaque fois, c’était un diagnostic de psychoses et de névroses et j’en passe. Jusqu’à 2015 où une vidéo a tout changé. On a réussi à me reconnaître, à reconnaître ce qui pourrait caractériser un syndrome autistique, en l’occurrence l’autisme Asperger “. Cette vidéo avait été tournée par sa grand-mère qui l’a toujours soutenu. Mais son père de son côté, avait une vision assez réductrice de l’autisme. ” C’était un peu compliqué parce qu’il avait l’image d’un enfant mutique avec tous les clichés de l’autisme qui vont avec ” déclarait Paul. ” Il fallait rassurer mon père et d’autres qui pensaient de la sorte, car on s’exprime bien, on n’est pas atteint mentalement par une grave pathologie “ tenait à préciser le champion.

Comme il l’explique dans son livre, il est parfois difficile de faire comprendre aux autres ce qu’il vit au quotidien. Mais ce syndrome, il n’a pas le choix, il doit vivre avec. ” Il est ma force et mon handicap, cet autisme. En parlant de cette mémoire, elle me fait beaucoup souffrir. Il y a des choses que j’aimerais oublier, mais qui malheureusement restent gravées dans ma mémoire ” avait-il confié au micro de RTL, au début du mois de septembre dernier.

Grâce à ses nombreux témoignages, Paul El Kharrat souhaite que le regard des autres change sur le syndrome d’Asperger. ” Je ne dis pas que ça ne pourrit pas le quotidien, qu’on n’a pas l’air de malade, qu’on est en colère, qu’on est énervé, mais de manière 10 fois plus fort que tout un chacun. On a l’air malade pour les autres, moi-même des fois, je me dis : j’ai l’esprit malade, je ne me sens pas bien. Mais ce n’est pas une maladie à proprement parler, c’est ça que je veux dire. On est pris un peu pour des gens un peu psychorigides, un peu fous, qui s’adonnent uniquement à une activité et puis le reste n’a plus d’importance pour eux. La majorité des gens, dont moi, on est seul malgré nous ” expliquait Paul il y a quelques semaines.

Le jeune homme a donc pleine conscience d’être différent. Et il se rend bien compte que jamais il ne sera exactement comme les autres. Et ce sentiment est souvent difficile à vivre. “ Parfois, je flirte avec l’idée de suicide. Je suis d’une violence extrême avec les autres et moi-même ” avoue-t-il avec une lucidité déconcertante. “ Comme je n’arrive pas toujours à suivre un chemin linéaire dans mon existence, je me dis parfois que le sens de ma vie m’échappe. Quand je suis dans une phase de crise de violence, de paranoïa, de dépression ou que je ne parviens plus à faire cohabiter Docteur Jekyll et M. Hyde ” expliquait-il sans aucun tabou.

Après avoir rejeté cette maladie, le père de Paul El Kharrat l’a parfaitement accepté aujourd’hui. Il est d’ailleurs très présent dans la vie de son fils. Il est également très fier du parcours de son enfant dans Les 12 coups de midi. Car en plus de la grosse somme d’argent qu’il a pu gagner, cette nouvelle notoriété lui a permis d’écrire son histoire. La publication de son auto autobiographie a été une chance pour lui. Même s’il refuse d’être un porte-parole, il espère changer la vision des gens sur l’autisme. Paul voit aussi le regard des passants changer sur lui.
Mais malheureusement même si des inconnus le reconnaissent dans la rue, Paul se sent parfois seul. ” C’est comme ça que j’ai vécu une bonne partie de mon existence : seul à lire des bouquins. Avant l’émission, les autres n’avaient pas envie de venir vers moi, peut-être parce que je ne leur semblais pas aimable. Depuis l’émission, les autres ne viennent pas me voir pour ne pas m’embêter. La raison n’est pas la même, mais je suis quand même seul “.